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Nous sommes tous dépendant affectif, car l’être humain est avant tout un être social et a besoin d’amour pour vivre. On vient tous d’un amour imparfait car nos parents sont des êtres humains qui viennent eux-mêmes d’un amour imparfait. On parle de dépendance affective pathologique lorsque l’on recherche sans cesse l’amour chez les autres. Lorsque l’envie est devenue besoin et que l’amour se range au niveau des addictions. Sachant que toutes les formes d’addictions sont les conséquences d’une dépendance affective pathologique.

Qu’est-ce que la dépendance affective pathologique ?

La dépendance affective provient d’une pathologie de l’attachement, d’une immaturité affective (comportements possessifs et exigeants) et d’une addiction à l’amour de l’autre. Les dépendants affectifs ne s’aiment pas et cherchent à l’extérieur ce qu’ils ne trouvent pas en eux : l’amour, la reconnaissance, la confiance etc …

La dépendance affective représente « une tentative infructueuse de maîtriser la culpabilité, la dépression ou l’angoisse. » C’est se noyer dans la quête désespérée d’amour en devenant étranger à soi-même. Il y a un oubli total de soi et de ses besoins. Seul l’autre compte et le dépendant affectif a besoin du regard de l’autre pour se sentir exister.

C’est un amour possessif, exigeant qui peut-être destructeur. L’autre est totalement idéalisé et n’est pas aimé pour ce qu’il est, mais pour l’image qu’il nous renvoie de nous-même. L’autre est un moyen d’apaiser la détresse et le désamour de soi.

Les dépendants affectifs sont constamment en recherche de reconnaissance et d’approbation qui les rassurent sur leur valeur. Ils sont persuadés que ce sont les autres qui peuvent les rendre heureux et finissent par être malheureux, car personne ne peut combler ce besoin démesuré d’amour à part eux-mêmes, mais ils n’en ont pas conscience.

Ils sont dans une quête de plaire à tout prix pour obtenir l’amour, recevoir des compliments et être reconnu pour leurs qualités relationnelles.

Les dépendants affectifs sont attentifs aux autres, mais s’oublient complètement eux-mêmes. Ils agissent comme ils pensent devoir le faire et non comme ils ont envie de le faire. Leurs besoins et leurs envies sont étouffés et leurs émotions refoulées, donnant lieu à diverses somatisations. Ils sont tellement coupés de leur véritable personnalité et identité qu’ils finissent par confondre leur rôle et leur réalité. On parle de faux-self. Comme s’ils portaient un masque. Il y a une véritable perte de son identité, sans les autres ils ne sont rien.

Certains dépendants affectifs deviennent des bourreaux de travail, dépendant de leur activité qui les valorise. Ils exercent un grand contrôle sur eux-mêmes pour dissimuler leur crainte d’être critiqué, de déplaire et d’être rejeté. Ils sont très perfectionnistes.

A l’inverse, certains ont peur de l’engagement ce qui entraîne des ruptures successives. De là, naît un véritable conflit intérieur puisqu’ils sont pris entre leur désir d’être aimés et leur besoin de défendre leur indépendance.

Il y a une obsession des autres car ils se considèrent comme ayant peu d’intérêt. Une relation destructrice est préférable que pas de relation du tout. Ils se perdent dans l’autre, il y a une fusion. Le contraire de la fusion est la séparation. Le désir de ne faire qu’un avec l’autre est la conséquence de l’immaturité affective et la terreur de l’isolement .

Les attentes des dépendants affectifs sont énormes et inadaptés. Le besoin d’amour est tellement insatiable que nul ne peut le satisfaire.

Les origines de la dépendance affective

L’essentiel des facteurs à l’origine de la dépendance affective s’installe dans le milieu familial. La première expérience d’amour est vécue avec les figures d’attachement. Ce qui se passe au cours de la vie intra-utérine dépendra une grande part de la vie affective, relationnelle et émotionnelle. Si un enfant n’est pas désiré, cela peut avoir des conséquences sur l’adulte en devenir.

La naissance est la première séparation qui génère l’angoisse de séparation la plus archaïque. A sa naissance, le bébé est un être vulnérable et dépendant de l’autre pour survivre. La fusion totale avec la mère est indispensable au début et permet au bébé de se sentir exister car c’est la mère qui met des mots sur les pleurs de l’enfant et lui donne une existence, du contenu et une explication. Le bébé a la sensation qu’il ne vit qu’à travers le regard de ses parents. Le regard de l’autre permet au bébé d’exister. C’est ce que recherchent les dépendants affectifs : leur existence à travers de le regard de l’autre et la fusion qui va avec.

John Bowlby parle d’attachement sécure lorsque les besoins du bébé sont comblés sur le plan physique et émotionnel et d’attachement insécure lorsque le bébé doit faire face à la solitude ou une absence trop longue des parents (couveuses, dépression, réanimation, addiction, pathologie psychique etc…).

C’est la qualité des relations qui va déterminer le mode d’attachement entre l’enfant et ses parents. Le dépendant affectif va rechercher toute sa vie quelqu’un qui va le rassurer et lui apporter une sécurité qui lui a manqué dans ses premières années de vie.

A l’inverse, la surprotection n’est pas du tout rassurante car elle empêche l’enfant d’acquérir une confiance en lui nécessaire à sa construction. Des parents surprotecteurs donnent des adultes qui craignent l’autonomie.

Toutes les expériences vécues, toutes les émotions ressenties durant l’enfance demeurent gravées dans la mémoire de l’adulte qui va rechercher une compensation des carences accumulées dans de multiples dépendances.

A la blessure d’amour va correspondre le besoin affectif :

  • abandon – sécurité
  • rejet – acceptation
  • non reconnaissance – reconnaissance
  • maltraitance – bienveillance
  • humiliation – respect
  • trahison – confiance
  • injustice – justice

La dépendance affective peut aussi être créée par de la violence dans la famille renvoyée face à de l’affection et donc donner l’illusion que donner de l’affection est dangereux (distorsion cognitive). Elle peut aussi être renforcée par les expériences négatives dans l’enfance et l’adolescence créant une blessure qui entraîne une impossibilité de satisfaire le besoin correspondant. Les traumatismes peuvent venir bouleverser notre identité et notre rapport à l’autre.

Adulte, on attend de l’autre qu’il vienne réparer quelque chose qui ne pourra jamais être réparé et surtout quelque chose pour lequel il n’y est pour rien. Les expériences traumatiques peuvent entraîner toutes sortes de dépendance.

Diagnostique & conséquences de la blessure d’abandon

Les facteurs qui peuvent entraîner une prédisposition à la dépendance affective sont :

  • tissage difficile ou problématique des liens in-utéro
  • impossibilité à dépasser l’angoisse de séparation de la naissance
  • une séparation qui interrompt un moment les marques d’attachement
  • un manque d’attention des parents et surtout de la mère
  • une surprotection parentales ou des dysfonctionnement familiaux

Les conséquences d’une dépendance affective :

  • faible estime de soi
  • besoin majeur de se sentir aimé
  • terreur de la séparation vécue comme un rejet
  • anxiété face à la solitude

Pour être dépendant affectif, il faut au moins 5 manifestations (DSM-4 : Manuel des troubles mentaux) :

  1. difficulté à prendre des décisions dans la vie courante sans être rassuré
  2. besoin que l’autre assume la plupart des responsabilités dans plusieurs domaines de la vie
  3. difficulté à exprimer un désaccord avec autrui par peur de perdre son soutien et son approbation
  4. difficulté à initier des projets ou faire des choses seul
  5. chercher à outrance le soutien et l’appui d’autrui au point de faire des choses désagréables
  6. recherche urgente d’une relation quand la précédente se termine
  7. peur de se retrouver seul, sen sentir moins bien que l’autre, incapable
  8. être préoccupé de manière irréaliste par la crainte d’être laissé et de devoir se débrouiller seul

Les émotions dans la vie du dépendant affectif

Toute la vie du dépendant affectif tourne autour de la tristesse avec des intensités variables. Les émotions étant inscrites dans le corps, les grands dépendants affectifs sont la plupart du temps plus vulnérables à la maladie.

Ce qui alimente leurs angoisses : rupture, séparation, rejet, manque d’amour, solitude et abandon.

Les dépendants affectifs rendent les autres responsables de leur malheur et se considèrent comme des victimes impuissantes qui ont besoin des autres pour vivre (cf : triangle dramatique de Karpman). A l’inverse ils pensent également être responsable des humeurs des autres. Ils ont besoin et non envie d’aider les autres pour être en mesure de s’accorder de la valeur. Ils évitent toutes formes de responsabilité.

L’obsession de la perfection ne peut qu’engendrer un sentiment de culpabilité chronique. La grande culpabilité inconsciente est la transgression envers soi-même qui génère une autodestruction quotidienne partielle.

Dans la dépendance affective, on perd tout contact avec la réalité de notre être puisque sans l’autre on est plus rien. L’absence de l’autre nous renvoie au vide en nous-même ce qui provoque une grande souffrance psychique. Il nous manque quelque chose pour exister pleinement par nous-même.

Quand l’autre n’est plus là, on a l’impression qu’il va nous abandonner. Le dépendant affectif a besoin d’être connecté sans cesse à l’autre pour être rassuré. Le dépendant affectif a besoin de l’autre pour s’aimer lui-même.

Comment sortir de la dépendance affective ?

La première étape est de retrouver ses souvenirs et de les verbaliser afin de les ranger. Les mots mis sur les souffrances permettent de reconnaître les émotions associées et donc de cicatriser les blessures.

Ensuite, il est important de travailler sur ses croyances, car elles conditionnent nos pensées, nos émotions et nos comportements. Voici une liste non exhaustive de fausses croyances :

  • j’ai besoin de l’autre pour exister
  • l’autre est responsable de mon malheur
  • je ne suis rien sans l’autre
  • je ne suis pas capable

Vient ensuite le travail sur les émotions afin de les retrouver, les accueillir, les nommer et reconnaître le besoin qui se cache derrière. Cela permet de prendre soin de soi en écoutant et en respecter ses propres besoins.

Se retrouver avec nous-même en se posant 4 questions :

  • Qui suis-je sans l’autre ?
  • Qu’est-ce qui me définit ?
  • Qu’est-ce que j’aime ?
  • A quoi j’aspire ?

Il faut ensuite réparer son enfance en travaillant sur l’enfant intérieur afin de panser ses blessures, remettre les responsabilités à leur place et donner à l’enfant intérieur la permission de grandir. On parle de reparentage. Il s’agit également d’un deuil à faire, celui des parents parfaits.

Chaque thérapeute a sa propre manière de travailler mais voici les grands axes de travail que je propose à mes patients au cabinet. Si vous souffrez d’une peur intense d’être abandonné ou rejeté et que vous souhaitez vous en libérer, je vous invite à vous tourner vers un psychologue qui saura vous accompagner dans ce chemin identitaire.

📔 Ressource lecture : Vaincre la dépendance affective de Sylvie Tenenbaum

Dépendance affective comment s'en sortir (1)

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